Contexte général

Pour faire face aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux actuels, les territoires doivent engager leur transition écologique. La recherche d’un mode de développement local durable est une priorité pour renforcer la résilience des territoires face à ces enjeux.

La Stratégie européenne Europe 2020 et la Stratégie Nationale de transition écologique pour le développement durable (SNTEDD) 2015-2020 précisent que la transition écologique va au-delà d’un simple verdissement de notre modèle de société actuel et qu’elle repose sur 2 volets essentiels et indissociables : l’innovation sociale et l’innovation technologique.

Selon la SNTEDD, la transition écologique suppose de faire émerger de nouvelles gouvernances, de nouvelles manières d’agir, de produire, de travailler, de consommer et de vivre ensemble qui soient construites et partagées par les différents acteurs d’un territoire pour constituer progressivement de nouvelles références collectives.

Ces enjeux économiques, sociaux et environnementaux auxquels les territoires doivent faire face, nous invitent à casser les cloisonnements traditionnellement faits entre les différents secteurs de l’économie et de la société. C’est le sens de la Loi sur l’Économie Sociale et Solidaire du 31 juillet 2014.

Par sa volonté politique et les politiques publiques mises en œuvre sur son territoire, la Communauté d’Agglomération Pôle Azur Provence devenue au 1 janvier 2014  Pays de Grasse s’inscrit pleinement dans ces stratégies au travers de son Contrat Local de Développement de l’ESS, de son plan territorial d’éducation au développement durable, de son contrat de ville ou de sa politique de développement numérique.

Ces politiques publiques s’appuient et accompagnent des acteurs de terrain fortement impliqués dans l’économie solidaire au service du développement durable. Ces acteurs constituent une ressource pour le territoire pour co-construire un modèle de développement local durable et inclusif.

Les acteurs de l’ESS sont également confrontés à un contexte d’injonction de professionnalisation et de resserrement des financements publics les amenant soit à développer des pratiques de concurrence, soit à faire le choix de rechercher de nouveaux modèles économiques et de fonctionnement basés sur la coopération, la mutualisation et la recherche de synergies.

Historique de la démarche

A l’origine de la démarche, on trouve l’association évaléco et le CLDESS du Pays de Grasse.

Association créée en 2009 et basée à Grasse, ayant pour finalité la transition écologique des territoires, évaléco développe ses  activités sur 2 axes complémentaires :

  • L’éducation populaire au développement durable, à la citoyenneté et aux usages du numérique ;
  • L’accompagnement à la transition écologique dans une démarche d’innovation sociale.

Avec une approche très large du développement durable comme une démarche systémique où la participation, le pouvoir d’agir et la gouvernance constituent la colonne vertébrale permettant d’articuler les piliers économiques, environnementaux et sociétaux, et une approche de la démarche d’innovation sociale issue des travaux de l’Institut Godin à Amiens, partenaire d’évaléco dans ses activités de recherche appliquée.

La démarche d’innovation sociale et l’approche systémique du développement durable permettent le décloisonnement et la création de synergie entre les domaines scientifiques, les champs théoriques et les réseaux d’acteurs.

Le Contrat Local de Développement de l’ESS sur le Pays de Grasse initié en 2012 a permis aux acteurs de l’ESS de se rencontrer et de se construire une culture commune facilitant les échanges et la co-construction de projets.

Une vision inclusive de l’ESS a incité aux rencontres avec les acteurs de l’économie dite classique et permis l’émergence de coopérations concrètes, créatrices d’activités à potentiel d’innovations.

En octobre 2013, le service Emploi et Solidarités du Pays de Grasse a soutenu la réponse des acteurs du réemploi et de la valorisation portée par évaléco, à l’appel à projet national sur les Pôles Territoriaux de Coopération Économique (PTCE). Bien que n’ayant pas été retenu au niveau national, la réponse à cet appel à projet a permis de réunir un premier collectif d’acteurs autour de la thématique de la gestion des déchets professionnels et de mener des actions collectives en 2014, dont la recherche de locaux mutualisables permettant le changement d’échelle indispensable.

Évaléco accompagnant des projets collectifs de développement local durable sur d’autres thématiques (mobilité, économie sociale numérique) et ce en lien avec différents services de la Communauté d’Agglomération, la proposition de co-construire un projet structurant pour le territoire autour du centre de recherche appliquée et de la démarche d’innovation sociale a été retenue.

L’élargissement de la finalité au développement local durable par une démarche d’innovation sociale a permis de fédérer de nouveaux acteurs, d’obtenir le soutien des collectivités locales, de trouver des locaux permettant de mettre en œuvre le projet.

La constitution de la présente SCIC est l’aboutissement de la dynamique décrite ci-dessus.

La SCIC TETRIS se définit comme un Pôle Territorial de Coopération Economique.

Finalité d’intérêt collectif de la SCIC

La SCIC « Transition Écologique Territoriale par la Recherche et l’Innovation Sociale » réunit des moyens d’accompagnement et des structures partenaires pour faire émerger et développer des activités économiques favorisant le développement local et la transition écologique du territoire dans une démarche d’innovation sociale.

La SCIC dote le territoire d’un outil qui met en dynamique un Centre de recherche appliquée en sciences économiques et sociale, un Incubateur de projetdes entreprises et des Structures de l’ESS – au sens de la loi du 31 Juillet 2014 – exerçant des pratiques confirmées en termes de développement soutenable.

Bien plus qu’un espace de travail partagé, cet outil est un laboratoire opérationnel innovant qui met en place les conditions nécessaires à l’émergence de l’intelligence collective au service de besoins non (ou mal) satisfaits sur un territoire.

La SCIC contribue au renforcement de la compétitivité et de l’attractivité du territoire du pays de Grasse. Elle vise la pérennisation et la création d’emplois par le renforcement des modèles économiques des structures associées via la recherche de mutualisations et de synergies. Elle explore et expérimente les pistes d’un développement de la transition et de leur évaluation.

Les valeurs et principes coopératifs

Les soussignés et ceux qui deviendront par la suite associés adhèrent aux principes et valeurs définis par la « Charte des acteurs de l’économie solidaire en Région PACA » et par la « Charte des acteurs de l’ESS du Pays de Grasse ».

Le choix de la forme de société coopérative d’intérêt collectif constitue une adhésion à des valeurs coopératives fondamentales telles qu’elles sont définies par l’Alliance Coopérative Internationale avec notamment :

  • La prééminence de la personne humaine ;
  • La démocratie ;
  • La solidarité ;
  • Un sociétariat multiple ayant pour finalité l’intérêt collectif au-delà de l’intérêt personnel de ses membres ;
  • L’intégration sociale, économique et culturelle, dans un territoire déterminé par l’objet social.

Le statut SCIC se trouve en parfaite adéquation, par son organisation et ses objectifs, avec le projet présenté ci-dessus.

Engagements des associés

Les associés de la SCIC s’engagent à:

  • Traduire ces valeurs et principes coopératifs dans leurs pratiques ;
  • Intégrer les finalités de développement local durable et de transition écologique dans leurs stratégies, actions et pratiques ;
  • Être transparent sur leurs stratégies, activités, résultats et pratiques vis-à-vis des autres associés ;
  • Participer aux travaux de recherche appliquée ;
  • Favoriser par l’ensemble de leurs activités, actions, communications, pratiques la réalisation de l’objet de la présente SCIC ;
  • S’engager à utiliser les outils de suivi du projet mis en place et validé par le comité technique.

Les associés s’engagent à respecter les 4 critères obligatoires (en gras ci-dessous) et le maximum de critères suivants (avec un minimum de 6) dans leurs pratiques, activités et stratégies:

  • L’hybridation des ressources ;
  • La non lucrativité ;
  • La réciprocité ;
  • La durabilité (développement durable) ;
  • La démocratie interne ;
  • La proximité et l’ancrage au territoire ;
  • La recherche du bien-être ;
  • La recherche de justice sociale ;
  • L’efficacité économique (et pas uniquement l’efficience économique de court terme) ;
  • La démarche d’innovation.

Objet

L’intérêt collectif défini en préambule se réalise notamment à travers les activités suivantes :

  • Activités de recherche – développement en Sciences Humaines et Sociales ;
  • Activités d’accompagnement de projets et structures concourant au développement local durable dans une démarche d’innovation sociale ;
  • Activités d’incubation de projets concourant au développement local durable dans une démarche d’innovation sociale ;
  • Activités d’organisation et d’animation d’événements collaboratifs territorialisés (colloques, séminaires, marchés locaux…) ;
  • Activités d’insertion sociale et professionnelle
  • Activités de sensibilisation et d’éducation tout au long de la vie ;
  • Activités de formation y compris aux élus
  • Activités de production de biens et services en lien avec l’intérêt collectif défini en préambule ;
  • Activités de vente de biens et services en lien avec l’intérêt collectif défini en préambule ;
  • Activités de mutualisation des ressources humaines (y compris le bénévolat). La mise à disposition de personnels pourra se faire au travers de groupements d’employeurs ou toutes formes de nouvelles formes d’organisations du travail ;
  • Activités de mutualisation de moyens matériels dont des locaux.